Make the Noise

Les vanity metrics n'existent pas. Voici pourquoi.

Ce qu’il faut retenir :

  • Une vanity metric est un indicateur flatteur mais déconnecté de l’objectif réellement poursuivi.
  • Les vues, likes ou abonnés ne sont pas inutiles lorsqu’ils mesurent un objectif de notoriété.
  • Chaque campagne marketing doit être associée à des KPI cohérents avec son objectif.
  • Une audience large peut renforcer la notoriété, la recommandation et l’expertise perçue.
  • Les métriques doivent aider à prendre des décisions plutôt qu’à simplement valoriser les résultats.

Je vous propose de nous pencher sur une notion qui fait peur : les vanity metrics. La fonction marketing peut se résumer à trois verbes : produire, diffuser et mesurer.


Mesurer : c’est là que ça se corse. Comment savoir si votre contenu est efficace ? Quelles métriques utiliser pour correctement l’évaluer ?

Les vanity metrics : la hantise des marketeurs.

Qu’est-ce qu’une vanity metric ?

Les définitions se recoupent, ma préférée reste celle-ci : 

“Métriques flattant davantage l'ego des marketeurs qu’indicateurs réels de la rentabilité d'une campagne.”

Une vanity metric a, au mieux, fonction de rassurer, vous et/ou vos supérieurs. Au pire, celui de cacher les résultats décevants d’une campagne avec des chiffres tape-à-l’œil mais non pertinents.

Pourquoi font-elles peur ?

Les vanity metrics permettent de raconter tout et n’importe quoi. De transformer un échec en succès par exemple. Selon les métriques choisies pour analyser une campagne marketing, vous pouvez raconter des histoires très différentes.

Pour ma précédente entreprise par exemple, j’ai produit ce qu’on appelle un lead magnet : une ressource à télécharger. Une fois l’adresse mail du contact récupérée, on lance une série de mails avec l’objectif de décrocher un rendez-vous commercial.

Cette ressource était extrêmement populaire, téléchargée plusieurs centaines de fois par mois. En revanche, la séquence de mails, malgré diverses tentatives d’optimisation, n’aboutissait à aucune prise de rendez-vous.

Selon la métrique choisie, le nombre de nouveaux contacts créés dans le CRM ou le nombre de demandes de contact généré, cette initiative raconte une histoire très différente.

Si c’était à refaire, j’offrirais cette ressource en téléchargement libre (véritablement libre, sans échange d’adresse mail) car elle se situe visiblement trop “loin” de l’intention d’achat, et la diffuserait massivement pour faire connaître l’expertise de l’entreprise.

Une vanity metric ne reflète pas la réalité : elle est valorisante mais pas représentative du résultat de la campagne.

Dans mon exemple, notre objectif était de générer du revenu et donc de capter de nouveaux clients, pas d’augmenter notre notoriété ou notre degré d’expertise perçu. 

Illustrations de contenus social media

Présumées coupables : les métriques régulièrement pointées du doigt.

Les vanity metrics traditionnelles :

Sont habituellement suspectées toutes les métriques du haut du tunnel de conversion, notamment sur les réseaux sociaux : le nombre de vues, de mentions “j’aime”, d’abonnés à une newsletter, de followers…

Pourquoi ? Parce que…

  1. Ce sont des chiffres faciles à gonfler, par l’action des employés, de son réseau ou  en sponsorisant les publications ;
  2. Ils sont très éloignés d’une quelconque intention d’achat : si Mariette aime votre publication LinkedIn, vous ne pouvez pas en déduire qu’elle est prête à adopter et payer pour utiliser votre produit ou service.

Le défaut de ces vanity metrics est de prendre en compte tant les interactions de votre cible que celles de votre audience.

La différence entre “cible” et “audience”.

Deux éléments de définition : 

  • Cible : les personnes qui sont susceptibles de payer pour votre produit ou service. En d’autres termes, vos prospects.
  • Audience : l’ensemble des personnes qui consomment vos contenus.

Votre audience contient votre cible. En conséquence, plus votre audience est importante, plus vous êtes susceptible de toucher un grand nombre de prospects. Dans cette perspective, faire grandir votre audience n’est pas vain, au contraire.

Pourquoi écrire pour votre audience :

Il ne faut donc pas écrire uniquement pour votre cible. Pourquoi ? Pour trois raisons principales : 

  • Être reconnu comme référence dans un secteur auprès du plus grand nombre vous confère un statut d’expert et vous permet d’être top of mind, c’est-à-dire que dès que votre cible rencontrera le problème que vous résolvez, c’est immédiatement à vous qu’elle pensera.
  • Cette audience qui ne consomme pas votre produit ou service a malgré tout une opinion sur votre entreprise, et cette opinion a du poids. Ne négligez pas le pouvoir d’influence de votre audience : le bouche à oreille, les recommandations demeurent les canaux d’acquisition marketing les plus efficaces.
  • Votre produit évolue et, avec lui, votre cible. En vous adressant à un seul ICP (Ideal Customer Profile), celui que vous servez à l’instant T, vous ralentissez à terme votre croissance en ne pensant pas à votre prochain persona.

En créant du contenu pour votre audience, vous vous exposez à votre prochain persona et gagnez une longueur d’avance auprès d’elle, en termes de familiarité, de confiance, d’expertise, de reconnaissance…

Illustration des articles de blog

Il ne faut pas suivre toutes les métriques pour autant :

Les métriques ne sont pas une fin en soi.

Dire qu’une métrique est vaine par essence est une erreur. Une vanity metric ne donne pas d’information sur le succès ou l’échec d’une campagne marketing.

Les vanity metrics varient en fonction de votre objectif.

Les vanity metrics, toutes les métriques en vérité, varient en fonction de l’objectif de votre campagne.

Votre but est d’augmenter votre notoriété ? Alors les métriques du haut du tunnel de conversion sont les plus appropriées. Au contraire, si vous suivez le taux de conversion, vous risquez d’être déçu, découragé et d’en tirer des enseignements erronés.

Si vous cherchez à générer de nouveaux leads, c’est le taux de conversion qu’il faut surveiller. Mais même dans cet exemple, le nombre d’impressions est important puisqu’on étudie un chiffre par rapport à un autre.

En parlant de taux de conversion, ma collègue Maud a écrit un article pour vous aider à générer plus de conversions sur vos landing pages.

Quelles métriques suivre en fonction de vos objectifs ?

J’ai rassemblé dans un tableau les principaux enjeux rencontrés par nos clients ainsi que les métriques pertinentes à surveiller et leviers à activer pour chacun.

Je vous invite à le consulter et m’aider à le compléter : vous rencontrez une problématique non référencée dans le tableau ? Indiquez-la en commentaire sur LinkedIn,taguez-moi (@Jim Sunshine) et je l’y ajouterai. Pour aller plus loin dans l’analyse de votre stratégie de contenu, je vous invite à lire cet autre article que j’ai rédigé.

FAQ - Les vanity metrics

Qu’est-ce qu’une vanity metric en marketing ?

Une vanity metric est un indicateur qui donne une impression positive de performance sans nécessairement permettre d’évaluer l’atteinte de l’objectif marketing poursuivi. Le nombre de vues, de likes ou d’abonnés peut par exemple devenir une vanity metric si la campagne vise à générer des opportunités commerciales et qu’aucun lien n’est établi avec cet objectif.

Quels sont les exemples de vanity metrics les plus courants ?

Les vues, impressions, likes, followers, abonnés ou téléchargements sont régulièrement considérés comme des vanity metrics. Pourtant, ces indicateurs ne sont pas inutiles par nature. Leur pertinence dépend de l’objectif : les impressions peuvent par exemple être intéressantes pour mesurer la visibilité d’une campagne de notoriété.

Quelle est la différence entre une vanity metric et un KPI ?

Un KPI est un indicateur choisi pour mesurer la progression vers un objectif précis. Une vanity metric est une métrique qui, dans le contexte étudié, ne permet pas réellement d’évaluer cette progression. Une même donnée peut donc être un KPI pertinent pour une campagne et une vanity metric pour une autre.

Comment savoir si une métrique est vraiment utile ?

Pour savoir si une métrique est utile, demandez-vous quelle décision vous pourriez prendre à partir de son évolution et si elle permet de mesurer l’objectif de votre campagne. Si une augmentation de l’indicateur paraît positive mais ne renseigne pas sur le résultat recherché, cette métrique doit être interprétée avec prudence.

Les likes et les impressions sont-ils toujours des vanity metrics ?

Non. Les likes et les impressions peuvent être pertinents lorsqu’une entreprise cherche à développer sa visibilité, son audience ou sa notoriété. Ils deviennent problématiques lorsqu’ils sont utilisés pour démontrer le succès d’une campagne dont l’objectif réel est, par exemple, de générer des leads ou du chiffre d’affaires.

Quels KPI suivre pour mesurer une campagne marketing ?

Les KPI doivent être choisis selon l’objectif de la campagne. Une campagne de notoriété peut suivre la portée, les impressions ou la croissance de l’audience. Une campagne de génération de leads peut privilégier le taux de conversion et les leads qualifiés, tandis qu’une campagne orientée acquisition peut suivre les opportunités, les clients et les revenus générés.

Quelle est la différence entre une audience et une cible marketing ?

La cible marketing regroupe les personnes susceptibles d’acheter le produit ou le service de l’entreprise. L’audience désigne plus largement les personnes qui consomment ses contenus. Une audience peut donc inclure des prospects, mais aussi des personnes qui n’achèteront pas directement et qui peuvent néanmoins contribuer à la notoriété ou à la recommandation de la marque.

Pourquoi faut-il relier ses KPI aux objectifs marketing ?

Relier les KPI aux objectifs marketing permet d’interpréter correctement les performances d’une campagne. Une hausse du trafic, des impressions ou des téléchargements n’a pas la même signification selon que l’objectif consiste à développer la notoriété, générer des leads ou acquérir de nouveaux clients. Les bons KPI sont ceux qui permettent de mesurer le résultat réellement recherché.

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